Nous voilà fraichement arrivés à Emberville, citée fictive plantée quelque part au milieu des États-Unis d’Amérique. Elle coche les cases de la ville américaine que l’on imagine. Construite de part et d’autre d’un fleuve, elle évolue sur plusieurs kilomètres carrés entre quartiers commerçants, zones résidentielles, des districts tournés vers les affaires et une périphérie affichant un certain attachement pour la ruralité. Comme toute municipalité vivante et attractive, Emberville fait face désormais à la question du développement du transport individuel et de son armada de voitures qui congestionnent les rues. Souhaitant ardemment y remédier, la ville fait appel à nous pour donner un nouveau souffle au transport en commun via ce bon vieux bus. Il convient de (re)donner envie aux habitants de se déplacer en bus dans les principaux quartiers que compte Emberville.
La mission est claire et son exécution est simple. On débute avec une poignée de bus à disposition et seulement quelques arrêts à exploiter. A partir de là, notre tâche consiste à conduire sur cette première ligne le plus proprement possible et ainsi gagner la confiance des usagers, matérialisés par des pouces verts. A chaque fois qu’un arrêt reçoit suffisamment de pouces verts, il gagne un niveau et des récompenses se débloquent. Cela peut être l’un des nombreux éléments cosmétiques de personnalisation du bus, un bonus de multiplicateur de pouces verts par exemple ; mais ce qui nous intéresse surtout, c’est le déblocage ainsi régulier de nouveaux arrêts à exploiter. Le réseau s’étend alors progressivement et l’affluence aussi, rendant l’obtention de pouces verts plus importante. Grâce à cela, on peut voir se débloquer les accès vers de nouveaux quartiers et plus encore.

Lorsque l’on a atteint un certain niveau d’amélioration de tous les arrêts d’un quartier, celui-ci évolue. Une petite saynète nous annonce alors qu’en réponse au bon fonctionnement du transport en commun, la municipalité a investi dans des aménagements. Des bouts de quartier un peu vieillots se voient alors modifiés, non seulement pour être plus verts et agréables mais aussi plus adaptés au transport en bus. Avec l’ouverture de voies réservées, ou encore d’un hub, la ville nous est alors encore plus agréable à parcourir au volant. Cette idée de l’évolution de la ville qu’introduit Bus Bound est une excellente initiative qui, bien qu’elle ne révolutionne pas fondamentalement l’expérience, apporte au joueur un sentiment de progression souvent moins évident à percevoir dans les autres jeux du genre. Le niveau de prérequis pour ces évolutions ou simplement le déblocage de nouvelles zones est assez bien calibré, on ne se sent pas pédaler dans le semoule face à des objectifs qui seraient chronophages.
Cette structure de jeu claire et simple a cependant un revers à sa médaille. Il ne faut pas espérer de la part de Bus Bound un intérêt en termes de gestion, ou de stratégie quelconque. A la différence d’un Bus Simulator 21, qui porte l’expérience bien au-delà de la simple conduite, Bus Bound s’y tient fermement. On ne gère pas la billetterie par exemple, le scénario nous expliquant que les transports en commun sont gratuits à Emberville, pas plus que l’on ne recrute d’employé pour couvrir plusieurs lignes à la fois et maximiser les profits puisqu’il n’est à aucun moment question d’argent. Rien ne se vend, rien ne s’achète, seule compte la satisfaction des usagers. Cela dit, on apprécie avec quelle simplicité on peut créer ou modifier de nouvelles lignes : on choisit simplement les points de passage, on enregistre et on peut se lancer aussitôt, le jeu calculant lui-même la durée prévisionnelle des trajets (on note quelques couacs ici et là mais globalement, les temps affichés sont cohérents). Notons toutefois que l’on peut s’en remettre au multijoueur en ligne, accessible à quatre, pour s’amuser à courir sur plusieurs lignes à la fois.

Bus Bound est un simulateur très accessible et c’est quelque chose qui, pour l’occasion, nous a conquis, tout en comprenant que les puristes puissent à l’inverse peiner à y trouver un intérêt maintenu à long terme. L’essentiel des opérations consiste à se garer correctement, à être à l’heure (encore que la marge d’acceptabilité de la part des usagers soit large) et à respecter les limitations de vitesse, les stops, les feux de signalisation ou à adopter une allure acceptable sur un dos d’âne. En somme, la base de la base. On ne retrouve pas comme c’était le cas dans Bus Simulator 21 le système de notation très riche qui jugeait jusqu’au timing de l’usage des clignotants. Dans Bus Bound une erreur fait descendre le niveau du multiplicateur de pouces verts, mais il peut être aussitôt récupéré en se garant correctement au prochain arrêt. On peut néanmoins augmenter le niveau de difficulté en activant des contraintes, comme l’interdiction du limitateur de vitesse, l’obligation de conduire en vue de cockpit ou vraiment compliquée, la suppression du GPS. Selon son degré de difficulté, l’activation d’une ou plusieurs contraintes offre un bonus de pouces verts plus ou moins important.
C’est la conduite qui est véritablement au cœur de l’expérience Bus Bound et elle est particulièrement réussie. Le jeu propose une trentaine de véhicules sous licence (Xcelsior, Vicinity, Blue Bird par exemple). Que ce soit aux commandes d’un bus tournant au diesel, à l’hydrogène ou électrique, le plaisir de la conduite est remarquable et les subtilités sont suffisamment marquées pour inciter à tout tester. Passer du diesel à l’électrique demande une gestion très différente de l’accélération et de l’anticipation du freinage moteur ; les développeurs y ont apporté beaucoup de soin. La conduite est souple, précise, et on apprécie l’idée de faire apparaitre dans les coins de l’écran la vue sur le rétroviseur dès lors que l’on utilise le clignotant. C’est très pratique.

Le reste des commandes à bord se limite à la gestion des lumières, des essuie-glace, de la radio ou encore du pare-soleil. On peut également gérer manuellement l’abaissement du bus, mais autrement le jeu s’en charge tout seul. Entre aspect pratique et peut-être un peu simpliste parfois, on se sent vraiment à l’aise, maitre à bord, bien aidé en cela par la bande-son qui colle à cette idée de simulation détente. Il convient cependant d’être attentif au comportement des autres usagers, des voitures comme des piétons. Les premiers respectent globalement bien les bonnes manières, mais il peut arriver que leur vienne l’envie de nous griller la priorité. Aux abords des arrêts de bus, il faut en revanche être attentifs aux piétons qui traversent sans crier gare, quand ce n’est pas un petit bug qui vient les planter sur la route.
En dépit de ces quelques petits bugs et comportements parfois hasardeux, Bus Bound offre une expérience totalement détendue et c’est cela que l’on a aimé. La belle réalisation du titre y participe fortement. De jour comme de nuit, au soleil ou sous la pluie, le jeu de Stillalive Studios se place dans la tranche haute du monde des simulateurs de conduite. La carte n’est pas immense mais elle bénéficie d’une construction intéressante, offrant une multitude de quartiers aux accents marqués. C’est très bien réalisé, vivant et détaillé, tout à fait fluide, bref, c’est un beau jeu pour le genre que l’on ne peut que conseiller à tous les amateurs prêts à accepter la simplicité de la formule dont l’intérêt à long terme risque de dépendre beaucoup du contenu additionnel à venir.
La mission est claire et son exécution est simple. On débute avec une poignée de bus à disposition et seulement quelques arrêts à exploiter. A partir de là, notre tâche consiste à conduire sur cette première ligne le plus proprement possible et ainsi gagner la confiance des usagers, matérialisés par des pouces verts. A chaque fois qu’un arrêt reçoit suffisamment de pouces verts, il gagne un niveau et des récompenses se débloquent. Cela peut être l’un des nombreux éléments cosmétiques de personnalisation du bus, un bonus de multiplicateur de pouces verts par exemple ; mais ce qui nous intéresse surtout, c’est le déblocage ainsi régulier de nouveaux arrêts à exploiter. Le réseau s’étend alors progressivement et l’affluence aussi, rendant l’obtention de pouces verts plus importante. Grâce à cela, on peut voir se débloquer les accès vers de nouveaux quartiers et plus encore.
Lorsque l’on a atteint un certain niveau d’amélioration de tous les arrêts d’un quartier, celui-ci évolue. Une petite saynète nous annonce alors qu’en réponse au bon fonctionnement du transport en commun, la municipalité a investi dans des aménagements. Des bouts de quartier un peu vieillots se voient alors modifiés, non seulement pour être plus verts et agréables mais aussi plus adaptés au transport en bus. Avec l’ouverture de voies réservées, ou encore d’un hub, la ville nous est alors encore plus agréable à parcourir au volant. Cette idée de l’évolution de la ville qu’introduit Bus Bound est une excellente initiative qui, bien qu’elle ne révolutionne pas fondamentalement l’expérience, apporte au joueur un sentiment de progression souvent moins évident à percevoir dans les autres jeux du genre. Le niveau de prérequis pour ces évolutions ou simplement le déblocage de nouvelles zones est assez bien calibré, on ne se sent pas pédaler dans le semoule face à des objectifs qui seraient chronophages.
Cette structure de jeu claire et simple a cependant un revers à sa médaille. Il ne faut pas espérer de la part de Bus Bound un intérêt en termes de gestion, ou de stratégie quelconque. A la différence d’un Bus Simulator 21, qui porte l’expérience bien au-delà de la simple conduite, Bus Bound s’y tient fermement. On ne gère pas la billetterie par exemple, le scénario nous expliquant que les transports en commun sont gratuits à Emberville, pas plus que l’on ne recrute d’employé pour couvrir plusieurs lignes à la fois et maximiser les profits puisqu’il n’est à aucun moment question d’argent. Rien ne se vend, rien ne s’achète, seule compte la satisfaction des usagers. Cela dit, on apprécie avec quelle simplicité on peut créer ou modifier de nouvelles lignes : on choisit simplement les points de passage, on enregistre et on peut se lancer aussitôt, le jeu calculant lui-même la durée prévisionnelle des trajets (on note quelques couacs ici et là mais globalement, les temps affichés sont cohérents). Notons toutefois que l’on peut s’en remettre au multijoueur en ligne, accessible à quatre, pour s’amuser à courir sur plusieurs lignes à la fois.
Bus Bound est un simulateur très accessible et c’est quelque chose qui, pour l’occasion, nous a conquis, tout en comprenant que les puristes puissent à l’inverse peiner à y trouver un intérêt maintenu à long terme. L’essentiel des opérations consiste à se garer correctement, à être à l’heure (encore que la marge d’acceptabilité de la part des usagers soit large) et à respecter les limitations de vitesse, les stops, les feux de signalisation ou à adopter une allure acceptable sur un dos d’âne. En somme, la base de la base. On ne retrouve pas comme c’était le cas dans Bus Simulator 21 le système de notation très riche qui jugeait jusqu’au timing de l’usage des clignotants. Dans Bus Bound une erreur fait descendre le niveau du multiplicateur de pouces verts, mais il peut être aussitôt récupéré en se garant correctement au prochain arrêt. On peut néanmoins augmenter le niveau de difficulté en activant des contraintes, comme l’interdiction du limitateur de vitesse, l’obligation de conduire en vue de cockpit ou vraiment compliquée, la suppression du GPS. Selon son degré de difficulté, l’activation d’une ou plusieurs contraintes offre un bonus de pouces verts plus ou moins important.
C’est la conduite qui est véritablement au cœur de l’expérience Bus Bound et elle est particulièrement réussie. Le jeu propose une trentaine de véhicules sous licence (Xcelsior, Vicinity, Blue Bird par exemple). Que ce soit aux commandes d’un bus tournant au diesel, à l’hydrogène ou électrique, le plaisir de la conduite est remarquable et les subtilités sont suffisamment marquées pour inciter à tout tester. Passer du diesel à l’électrique demande une gestion très différente de l’accélération et de l’anticipation du freinage moteur ; les développeurs y ont apporté beaucoup de soin. La conduite est souple, précise, et on apprécie l’idée de faire apparaitre dans les coins de l’écran la vue sur le rétroviseur dès lors que l’on utilise le clignotant. C’est très pratique.
Le reste des commandes à bord se limite à la gestion des lumières, des essuie-glace, de la radio ou encore du pare-soleil. On peut également gérer manuellement l’abaissement du bus, mais autrement le jeu s’en charge tout seul. Entre aspect pratique et peut-être un peu simpliste parfois, on se sent vraiment à l’aise, maitre à bord, bien aidé en cela par la bande-son qui colle à cette idée de simulation détente. Il convient cependant d’être attentif au comportement des autres usagers, des voitures comme des piétons. Les premiers respectent globalement bien les bonnes manières, mais il peut arriver que leur vienne l’envie de nous griller la priorité. Aux abords des arrêts de bus, il faut en revanche être attentifs aux piétons qui traversent sans crier gare, quand ce n’est pas un petit bug qui vient les planter sur la route.
En dépit de ces quelques petits bugs et comportements parfois hasardeux, Bus Bound offre une expérience totalement détendue et c’est cela que l’on a aimé. La belle réalisation du titre y participe fortement. De jour comme de nuit, au soleil ou sous la pluie, le jeu de Stillalive Studios se place dans la tranche haute du monde des simulateurs de conduite. La carte n’est pas immense mais elle bénéficie d’une construction intéressante, offrant une multitude de quartiers aux accents marqués. C’est très bien réalisé, vivant et détaillé, tout à fait fluide, bref, c’est un beau jeu pour le genre que l’on ne peut que conseiller à tous les amateurs prêts à accepter la simplicité de la formule dont l’intérêt à long terme risque de dépendre beaucoup du contenu additionnel à venir.
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