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Xbox Test de Pragmata, une attente interminable pour une expérience inoubliable

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GameActu
L’histoire de Pragmata débute avec l’arrivée de Hugh, notre protagoniste, et son équipe sur la station lunaire. Une station qui semble inhabitée et qui, sans être inhospitalière, inquiète. Nos premiers pas nous offrent l’opportunité de découvrir une innovation capable de changer l’humanité : la lunafibre. Ce matériau peut prendre, grâce à des imprimantes 3D gigantesques, n’importe quelle forme. On assiste d’ailleurs, en posant notre vaisseau, à la conceptualisation d’un objet à une vitesse vertigineuse. Le futur est en marche, mais personne ne semble le gérer. Au détour d’un couloir désert, la station se met à trembler, le toit s’effondre, un trou dans la coque de la structure aspire nos équipiers et, finalement, on se retrouve seul, tout du moins le pense-t-on.

Car, très vite, une jeune androïde du nom de Diana (nom donné par Hugh) nous rejoint et… nous sauve la vie après une chute qui aurait dû nous tuer. Très vite, l’intelligence artificielle de la station, Idus, prend la parole et nous définit comme une menace à éliminer. Elle matérialise alors un robot qu’elle nous envoie et contre lequel nos balles ne font pas grand-chose. Heureusement, notre nouvelle coéquipière va rapidement changer la donne en piratant notre adversaire et en créant ainsi une brèche qui le fragilise. Le premier combat est lancé, le système de jeu dévoilé, et l’on se plonge enfin dans le cœur de l’histoire de Pragmata.

Une histoire qui, il faut bien le dire, réserve son lot de surprises et d’excellents moments. Porté par le binôme Hugh – Diana, le scénario sert avant tout à approfondir la relation entre les deux personnages auxquels on finit par s’attacher avec une sincérité rare. Les mimiques de la « gamine », tout comme ses dialogues, sont justes, parfois touchants, et on oublie rapidement le fait qu’il s’agit d’une machine, une Pragmata. L’autre intérêt de cette histoire tient au fait que Hugh, au départ, n’est pas un homme à l’instinct paternel. Pourtant, au fil de ses pérégrinations, il va, lui aussi, s’attacher à la petite. L’ensemble aboutit à une conclusion réussie, riche en émotions qui tire pleinement son potentiel de ses personnages extrêmement bien construits.

Pragmata 2

On peut également ajouter que Pragmata est aussi une œuvre de science-fiction qui joue pleinement la carte de l’anticipation et qui porte un regard nostalgique et poétique sur l’humanité. La découverte de certaines mémoires terriennes fera forcément écho à l’enfance d’un grand nombre de joueurs. Que dire également de ces reproductions terrestres que les employés ont construites à coup de lunafibre pour se souvenir de leur planète ? New-York, des plantes, un coucher de soleil, la mer… tant de choses que l’on considère comme acquises et comme « normales » et qui pourtant font la beauté du monde dans lequel on évolue. Pragamata pose un regard intéressant et intéressé sur la Terre que nous connaissons bien et si cela nous fait sourire de satisfaction, cela parvient aussi à nous émerveiller, notamment grâce à la petite Diana qui nous fait revivre les premiers instants de la découverte. Magique, tout simplement.

Mais Pragmata, ce n’est pas simplement une histoire. C’est aussi et surtout un jeu vidéo qui prend la forme d’un TPS. Il reprend les codes de bon nombre de jeux de tir à la troisième personne avec des mouvements classiques (sprint, esquive, saut, visée, tir…) auquels s’ajoute une surcouche de hacking qui s’avère être en réalité le cœur du gameplay. En effet, pour vaincre vos adversaires – des machines – vous devez pirater ces dernières. Afin d’y arriver, vous devez les viser et faire apparaitre un petit puzzle, une sorte d’énigme, que vous devez résoudre pour faire sauter le verrou de la sécurité. Si le concept du piratage semble simple, il est en réalité d’une extrême justesse tant on se prend au jeu. Mieux, plus on avance dans l’aventure, plus les possibilités s’accroissent.

Ainsi, non seulement vous pouvez affaiblir vos ennemis, mais vous pouvez en plus utiliser des « nœuds » qui vous offrent des bonus non négligeables qui peuvent, par exemple, pirater tous les ennemis entourant votre cible, augmenter les dégâts subis par votre adversaire, surchauffer les circuits pour les éliminer plus vite, récupérer de la vie… Attention toutefois : ce système de piratage ne met pas le jeu en pause. Cela signifie que vous devez résoudre votre casse-tête (qui se complexifie avec le temps et les ennemis plus coriaces) tout en esquivant vos adversaires et en évitant les attaques de ces derniers. Vous devez également les garder en ligne de mire au risque de perdre la possibilité de hacker. Bref, vous l’avez compris, c’est un système riche, nerveux et intéressant qui nous est proposé par Pragmata.

Pragmata 3

Pour réussir à éliminer vos ennemis, vous pouvez également compter sur un arsenal plutôt intéressant qui se divise en deux catégories : votre arme de base qui se recharge avec le temps et les armes spéciales qui ont des munitions limitées et que vous devez récupérer lors des combats, sur les corps de vos ennemis ou dans des caisses. Pour la première des deux, c’est très simple : une fois le chargeur vide, vous devez attendre quelques instants pour qu’il se remplisse. Cela vous impose donc une certaine retenue dans l’utilisation de vos balles et l’impossibilité de vider chargeur sur chargeur pour éliminer vos adversaires. Cela vous pousse donc à vous tourner vers d’autres options, comme les armes spéciales qui sont divisées en trois catégories. Celles de défense vous permettent de vous protéger (créer un leurre, une barrière…), tandis que les deux autres vous aident en combat avec des dégâts ou des « aides » pour le hacking ou encore pour déstabiliser les ennemis. La richesse du gameplay vient du fait que vous devez jongler entre toutes les possibilités qui vous sont offertes pour vous départir de vos adversaires le plus vite possible.

En ce qui concerne les combats, il est également intéressant de se pencher sur la question du bestiaire qui prend la forme d’une succession de machines à éliminer. Œuvre de science-fiction par excellence, Pragmata se montre cohérent avec les adversaires proposés et leur offre toute une série de mouvements et d’attaques qu’il est important de repérer et d’appréhender pour éviter de se faire toucher. Si l’ensemble tient la route et se montre efficace, il faut avouer que cela reste assez sage, contrairement aux boss qui, eux, sont aussi redoutables qu’impressionnants. Certains combats sont vertigineux et nous amènent à combattre des machines aussi grandes qu’un building. Il faut alors utiliser toutes les cartes mises à notre disposition pour parvenir à éliminer la menace qui offre un certain challenge, selon la difficulté que vous avez choisie parmi les trois proposées.

Intéressons-nous maintenant à l’exploration. Pragmata est un jeu qui se divise en plusieurs sections et chacune d’elles est elle-même découpée en plusieurs parties. Dans les grandes lignes et hormis quelques zones, il s’agit avant tout de petits couloirs ou pièces à parcourir et dans lesquels se dissimulent des objets à récupérer ou des ennemis à affronter. Le jeu de Capcom prend ici le contre-pied total de l’industrie en s’éloignant des sacro-saints mondes ouverts et cela fonctionne parfaitement bien. Qu’il est bon de retrouver une nouvelle licence qui ne cherche pas forcément à cocher toutes les cases des jeux actuels. Qu’il est appréciable de se promener d’un point A à un point B en prenant le temps de fouiller tous les environs, sans avoir l’impression d’être inondé de contenu et de quêtes fastidieuses. La formule de Pragmata n’est pas révolutionnaire, bien au contraire, mais son simplisme magnifie la forme du jeu et lui offre un rythme quasi-parfait qui fait que l’on ne s’ennuie jamais.

Pragmata 1

Du coup, bien que la station lunaire ne soit pas monumentale, elle recèle bon nombre de pièces cachées (derrière de faux murs, par exemple), de coffres ou d’objets en tous genres à récupérer. Ces derniers prennent plusieurs formes : documents étoffant l’histoire et nous permettant de comprendre la situation sur place, pièces d’amélioration pour notre équipement, modules à équiper, mémoires terrestres (nos préférés) et simulation de combats. Un grand nombre de possibilités qui, dans les grandes lignes, vont vous permettre d’améliorer significativement le duo Hugh / Diana à votre retour, au refuge. Le refuge, justement, parlons-en. Véritable centre névralgique de votre parcours, il vous permet d’interagir avec la petite Diana (et lui faire découvrir les joies de la vie sur Terre), de consulter des documents, mais aussi d’améliorer vos armes et votre équipement au travers d’un système simple, mais efficace. Sur place, vous pouvez également changer de tenue, participer à des missions d’entrainement qui vous offrent diverses récompenses, ou encore compléter une carte de Bingo auprès d’un petit robot mignon qui vous offre divers bonus plus ou moins bienvenus. Encore une fois, ce n’est pas une révolution, mais la formule possède ce je-ne-sais-quoi qui fonctionne incroyablement bien.

Sur le plan technique, Pragmata emploie le RE Engine qui, en lieux clos, fait des merveilles. On l’a déjà vu à l’œuvre avec les Resident Evil, notamment, et cela fonctionne parfaitement ici aussi. On salue donc les performances visuelles, mais aussi l’aspect technique qui est tout simplement irréprochable. Au cours de notre test sur Xbox Series X, nous n’avons tout simplement pas rencontré le moindre bug. Capcom nous livre donc une copie impeccable qui est sublimée par une direction artistique d’une franche intelligence. Le risque de nous envoyer sur une station spatiale est de nous offrir des environnements limités sur le plan esthétique. Une problématique que le studio japonais a balayée d’un simple revers de la main grâce à la lunafibre et à sa flexibilité. On ne vous en dira pas plus pour éviter de dévoiler quoi que ce soit, mais il y a de quoi surprendre les joueurs. Alors, bien sûr, on n’évitera pas les couloirs blancs, le matériel de recherches… ce qui peut amener une certaine redondance. Mais qu’importe, au regard du travail et de la proposition, ce ne sont que des broutilles. Un dernier mot sur la partie sonore du titre. Pragmata est entièrement doublé en français. Les doublages sont de qualité et contribuent à l’immersion, tout comme la musique et notamment les quelques thèmes au piano qui sont d’excellente facture. Bref, encore une fois une belle réussite pour ce titre pour lequel nous ne tarissons pas d’éloges.​


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